Vieilleries recyclables : Des rogations à la morale chrétienne.

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France Info et Le Parisien s’étonnaient récemment du retour en grâce des rogations, à la faveur de l’épisode de sécheresse que traverse la France. « C’est une dévotion que beaucoup croyaient tombée en désuétude. Commente ainsi Le Parisien, Confrontés à la sécheresse, une vingtaine de fidèles réunis à l’église de Marseille-en-Beauvaisis (Oise) ont célébré mercredi matin la messe des Rogations. Le prêtre a demandé à Dieu d’aider les agriculteurs pendant cette période délicate». Et pour instruire le lecteur néophyte : « Célébrées en France dès 511 et adoptées par Rome en 816, les rogations (du latin rogare : demander) ont pour objet de demander à Dieu un climat favorable, une protection contre les calamités et de bonnes récoltes ». Fermez le ban.

Ben voilà. En période de crise, quand on a tout essayé, on revient aux vieilles recettes qui ont fait leurs preuves. Mais, dans le genre, il n’y a pas que les rogations. L’église a encore dans les poches tout un tas de vieux trucs « tombés en désuétude » qui pourraient bien encore rendre service pour des problèmes d’actualité récents. Prenez cet objet de curiosité ante diluvien, dont le simple nom agit sur les foules comme un répulsif sur les moustiques, qu’est la morale chrétienne : C’est à se demander, ces jours-ci, si s’en débarrasser n’a pas été, pour la condition féminine, la plus belle des boulettes.

Il paraît que la défense de DSK va se construire sur la notion de consentement. Le fait que le ci-devant président du FMI ait bondi nu comme un ver sur la première femelle qui a fait irruption dans sa chambre, ne fait à présent à peu près aucun doute. Sauf que la petite dame, en dépit de la fulgurance de l’affaire, était peut-être consentante… Ben tiens, allez  savoir ? Avec les affaire DSK, et  TRON, les langues des femmes se délient : Toutes se plaignent de plaisanteries graveleuses, de « drague lourde », de propositions pressantes dont il est extrêmement difficile de se dépêtrer.

Mais la responsabilité de tout cela n’est-elle pas à chercher dans la simplification des relations hommes femmes, la « dérégulation » des rapports sexuels, et dans l’immédiateté du passage à l’acte imposé par la libération sexuelle ?  Déréguler pour rendre plus fluide les échanges sexuels. Sauf que tout cela fragilise le consentement : Il n’est plus que tacite, parfois arraché, et source de malentendus (« Ah bon, tu n’étais pas d’accord ? Pourtant, j’avais cru… »). Nombre d’adolescentes témoignent ainsi sur Facebook qu’elles sont allées, avec leur petit ami, bien au-delà de ce qu’elles voulaient, par une suite de « malentendus », parce que tout était « allé trop vite ». La vérité est qu’avec l’ère du fast food sexuel, les femmes passent parfois à la casserole sans avoir eu le temps de dire ouf. Bref, les filles n’avez-vous pas fait brûler un peu vite vos soutiens-gorge ? Mine de rien, et pour le dire trivialement, compte tenu  de la taille des agrafes, ils vous permettaient de gagner un peu de temps. Et de prendre vos jambes à votre cou si d’aventure vous n’aviez en réalité « pas envie ».

La meilleure preuve en est que ces fameux « amoureux de bancs publics » sur lesquels les gens honnêtes jetaient selon Brassens des regards obliques ont parfaitement disparu. Pas de temps à perdre avec cette étape fastidieuse du bécotage de rue. Allez hop, venons en donc  tout de suite au fait. La morale chrétienne, elle, avait  « réglementé » l’affaire, balisé le chemin menant à la relation sexuelle d’un homme et d’une femme de toutes sortes d’étapes, comme autant de barrières, d’obstacles à franchir, menant pour finir au sacrement de mariage, fondé, sous peine de nullité, sur ce fameux consentement mutuel. Et ces digues qui avaient nom d’amour courtois, chasteté, vertu, honneur… étaient autant de garanties de ce consentement mutuel, qui protège il faut bien le dire en premier lieu la femme.

Elle avait fait passer en somme l’homme de Cro façon DSK, -si je veux quand je veux-, à l’homme civilisé : L’homme propose, la femme dispose. Par la libération sexuelle et son corollaire, la disparition de la morale chrétienne, la femme serait donc revenue  à l’ère de la grotte de Lascaux ?

Débarrassée de ses préliminaires et pourparlers d’approche, la drague s’est accélérée, est devenue de ce fait plus directe. Les femmes s’en plaignent. Elles ont l’impression qu’on leur force la main, qu’on les « viole » psychologiquement, sinon physiquement. Et c’est bien normal puisque cette immédiateté est en fait avant tout le propre des relations homosexuelles  masculines, (comme l’explique Sébastien dans son livre témoignage Ne deviens pas gay tu finiras, triste.) Qu’elle ait désormais envahi la sphère hétérosexuelle est de toute évidence une régression pour la femme.

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