Femmes : Quand l’égalité au travail devient encombrante…l’exemple de la médecine militaire.

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Il règne actuellement un malaise dans les rangs des médecins militaires.

De tous les corps  de l’Armée, celui des médecins a été le premier à se féminiser. Une féminisation assez facile, de par les qualités qu’exige la profession, une féminisation moins artificielle en tout cas que celle de certains autres corps d’officiers, dont on a dû tripatouiller les barèmes sportifs pour faire galamment rentrer ces dames.

On a du reste assisté à l’éclosion de belles vocations médicales, – confer certains témoignages que l’on peut lire ici et là dans les revues spécialisées : « Je suis petite-fille de médecin militaire, fille de saint-cyrien, j’ai été profondément émue par la lecture de « J’étais médecin à Dien Bien Phu » par le médecin-commandant Grauwin, et ai ainsi trouvé ma voie »-, avec en figure de proue le personnage emblématique du Médecin Général Valérie André.

Sauf qu’en 1998, prise d’un élan d’égalitarisme, (ou forcée par les recours administratifs qui avaient été déposés), l’Armée a décidé de supprimer les quotas du concours d’entrée. Jusque là, la proportion des effectifs féminins était régulée par ces quotas, un nombre de places étant imparti à l’avance pour les filles.

Les jeunes filles sont chaque année très nombreuses à postuler. Il n’y a plus de quotas, elles sont décidées et travailleuses, elles sont donc, par voie de déduction, très nombreuses aussi à intégrer. Trop nombreuses ?

Elles ont dix-huit ans au début de leurs études, l’âge des grands idéaux. Elles en ont presque vingt-huit en fin de cursus, l’âge de la maternité. C’est à ce moment-là, pourtant, qu’il leur faut partir en « Opex », en mission en Afghanistan par exemple. Mais quelle mère aurait le coeur de laisser un nourrisson à des milliers de kilomètres durant plusieurs mois ?

Du temps des quotas, « on s’arrangeait », les hommes partaient, -certes plus souvent qu’à leur tour et en grommelant quelquefois-,  les jeunes femmes célibataires complétaient les postes,  et bon an mal an, cela fonctionnait. Sauf que le compte n’y est plus. Les hommes ne sont plus si nombreux et avec l’Afghanistan, les Opex se succèdent très vite et épuisent les effectifs. Plus d’autre solution que de faire partir les mères de jeunes enfants…

« Il y a dix ans, quand je suis rentrée dans l’école, je n’imaginais pas ce que pouvait être la maternité. Et il n’était pas alors question d’Afghanistan. Comment vais-je pouvoir confier mon bébé  plusieurs mois, quand je  trouve déjà longue une simple semaine de manœuvres loin de lui ! » confiait ainsi en aparté l’une d’entre elles, récemment affectée dans un régiment de l’Est de la France. Déjà en 2001, dans une publication du Centre d’études en sciences sociales de la défense, sur le thème des « Enjeux de la féminisation du corps des médecins des armées », les témoignages recueillis  étaient édifiants. Une jeune femme, avouant qu’elle ne pourrait jamais quant à elle laisser ses petits derrière elle pour une OPEX, concluait : « Ce sont les limites de la féminisation des Armées ». Une autre confiait avoir décidé d’avorter pour suivre son unité…

Et c’était avant l’Afghanistan

Un vrai casse-tête pour les ressources humaines des Armées qui doivent en sus exclure  de leur planification celles dont les conjoints, militaires eux-mêmes, sont déjà  projetés, – l’endogamie, dans les écoles militaires,  est fréquente-, et celles qui sont célibataires géographiques et chargées d’enfants.

Le bruit court que l’on tenterait d’endiguer cette inextricable vague féminine dans la médecine militaire par un quota officieux : Un candidat de sexe masculin ayant passé avec succès les épreuves d’admissibilité à l’école du service de santé des armées aurait, par nature, de meilleures chances de réussite à l’oral que ses compétitrices…Par ici cher monsieur ! Bref, on déroulerait sans le dire le tapis rouge pour les garçons dans l’espoir de rééquilibrer un peu le personnel. Les femmes vont-elles s’en plaindre ? Pas sûr. Certaines, déjà dans la place, n’en seraient même pas fâchées.

La solidarité féminine a ses limites. Le tout égalitaire féministe aussi.

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4 réponses à Femmes : Quand l’égalité au travail devient encombrante…l’exemple de la médecine militaire.

  1. Ping : Les femmes dans l’armée, oui cela pose un problème | Chrétienté Info | Eglise Catholique

  2. Grégoire dit :

    Bonjour,

    Je suis bien heureux qu’enfin une prise de conscience du problème de la féminisation des Armées se manifeste, même au travers d’un blog…. Frère et beau-frère de médecins militaires (lesquels sont mariés), je ne peux que confirmer le rythme de vie anti-familial que le service de santé leur impose. En effet, il faut bien envoyer des médecins en opérations extérieures. L’un après l’autre, ils ont ainsi été d’abord célibataires géographiques pendant trois ans avant d’obtenir une affectation commune. Enfin réunis, c’était pour partir trois fois consécutivement en mission. Et qui en fait les frais ? Leurs enfants…

    Il est clair que l’état de militaire oblige à une grande disponibilité. Cependant, ainsi que le montre très bien cet article, la féminisation des Armées n’a pas assez pris en compte la dimension de la maternité chez les jeunes femmes. Le dogme très masculin de l’égalitarisme (« qu’elles ont voulu… » entend-on dire) et du politiquement correct interdit en effet de revenir en arrière (au système des quotas), ou plus simplement, par pragmatisme, de trouver des solutions concrètes à ce problème RH bien réel. Pour limiter le recrutement féminin, on pourrait mettre en place, en toute légalité, une épreuve de sport obligatoire au concours d’entrée. Pour mieux aider les familles, développer les crèches militaires… et tant d’autres choses encore.

    Grégoire

  3. Ping : Bigoudène, sénateurs, Valls, féminisation, bagarre, gender… « Nouvelles de France | Portail libéral-conservateur

  4. Mathilde dit :

    bonjours a tous,
    je suis d’accord sur les problèmes de maternité liés aux femmes médecins dans l’armée, mais de là à mettre des quotas officieux pour la gente féminine ?! celles qui ont le niveaux pour être acceptée dans ces écoles doivent pouvoir y accéder sans discrimination, si elles sont qualifié leurs entrés leurs reviens de droits. leurs parcours après leurs remise de diplôme est une autre histoire.

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