Le fabuleux destin de Jean-François Chemain.

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Quelle drôle d’idée ! Telle est la première pensée qui vient à l’esprit en lisant Kiffe la France  le livre de Jean-François Chemain. Quelle drôle d’idée de quitter un poste en or de « cadre dirigeant en entreprise », de se relancer dans des études pour décrocher l’agrégation d’Histoire avec pour seule ambition de devenir prof de zep.Ce livre serait un roman, on trouverait même la ficelle un peu grosse. Mais il est des histoires vraies qui dépassent la fiction.

Avant de nous livrer son témoignage, l’auteur donne quelques clefs de compréhension : Sa vie professionnelle passée, toute brillante qu’elle pouvait paraître, ne lui suffisait pas. Dégoûté dans sa jeunesse des choses spirituelles par l’inconsistance structurelle de l’enseignement religieux post 68, l’adhésion à la franc-maçonnerie n’avait pas suffi à combler le vide. Il doit à sa conversion son changement radical de cap professionnel. Sa vocation d’enseignant, il la vit comme un sacerdoce. Et en Zep, cela frise la vocation au martyre.

Quoi qu’il en soit, ce livre jamais manichéen conçu comme un carnet de bord pris sur le vif d’une semaine de la vie d’un prof, est édifiant. Du chahut, de la bagarre, de la tension, des interjections truculentes fusant tous azimuts dignes d’un film de Djamel Debbouze ou d’Eric et Ramzy, des lâches silences aussi de « souchiens » falots, inquiets et sans repères, bref de la vision au microscope de cette boîte de pétri du Choc des civilisation qu’est une classe de collège de  « quartier sensible », émergent deux convictions : La première est la nécessité urgente et absolue d’éradiquer les discours d’autodénigrement qui viennent encore renforcer un ciment identitaire explosif, nourri de « fierté exacerbée, de préjugés ressassés, de frustration collectivement confite. » : La seconde est qu’économie ne pourra pas être faite dans ces écoles, – dans les écoles -,  d’aborder le fait religieux, déjà omniprésent, voire obsessionnel,  dans les débats qui agitent les élèves.

Jean-François Chemain, lui, enseigne l’Histoire « en vérité ». Un exemple parmi d’autres ? Le sujet des croisades, dont le seul mot génère dans sa classe une véritable fureur collective, entre ignorance, mauvaise foi et naïveté. Il leur explique, lui, l’affaire à sa façon :

« C’est comme si les Américains occupaient La Mecque et interdisaient aux musulmans de s’y rendre : vous feriez quoi ?

-Ben on irait de force !

- C’est exactement ce qu’ont fait les chrétiens ! ça vous choque ?

- Pas du tout !

Et l’auteur de conclure : «Je suis persuadé qu’une bonne partie de la colère de la jeunesse qui pourrait bien se muer en irréparable violence, prend sa source dans le refus d’épancher sa soif d’absolu. (…) Alors nous n’avons plus aujourd’hui d’autre choix que de redécouvrir ces racines chrétiennes, (…) que nous sommes en droit de proposer, parce que ce sont les nôtres et que nous sommes chez nous, et en devoir de le faire (…). A défaut cette jeunesse, innombrable, avide de posséder ces  biens matériels qui sont tout ce que nous avons désormais à lui proposer, gorgée de discours politico-religieux appelant  à nous « punir », cette jeunesse, comme jadis les barbares, détruira notre civilisation ». 

Kiffe la France, par Jean-François Chemain, éditions Via Romana

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2 réponses à Le fabuleux destin de Jean-François Chemain.

  1. massip dit :

    je partage et pour que « notre civilisation ne soit pas détruite » il faut « redécouvrir ces racines chrétiennes, (…) que nous sommes en droit de proposer, parce que ce sont les nôtres et que nous sommes chez nous, et en devoir de le faire (…) ».
    Ceci est aussi mon combat, et c’est par l’histoire de l’art (des arts !) que nous pouvons y arriver MAIS
    1) les enseignants ne sont pas formés – 2) certains CRDP éditent des livres par le ScérÉn criblés d’erreurs (9 enseignants « fonctionnaires ») ces manuels restent en vente dans les CNDP (problème économique) m’a répondu Mr l’Inspecteur Général de l’histoire DES arts . 3) je suis l’auteure d’un livre  » les beaux-arts, reflets de l’histoire européenne ( de la Rome antique au XIXe s.) qui aurait pu leur « servir de référence »!!! 4) l »histoire de l’art est indispensable : elle permet de donner une « culture biblique » – exemple lors de classe patrimoine Tarn et Garonne ( devant l’abbatiale de Moissac : Qui est Abraham? sur une classe du 11e arrt de Paris 11 élèves de confession juive, 9 musulmans et 4 petits chrétien?, athées? – Salomé et Mahomet répondent ensemble… !!! eh oui nos cultures se sont croisées et enrichies à moins qu’aujourd’hui, au nom de la « laïcité » nous perdons toute culture générale et de fait notre IDENTITE. Pour savoir qui nous sommes sachons d’où nous venons !!!!

  2. Sancenay dit :

    Bien sûr, la source du mal se situe là:le mépris, l’abandon, la trahison de notre civilisation classique et chrétienne et au besoin, la falsification par nos « élites » politiques et médiatiques, éducatives , qui militants de la Transgression permanente, qui, idiots utiles de celle-ci, se servent de l’immigration -et de ses victimes- pour « effacer » notre civilisation classique et chrétienne qui est la seule école de pensée à même de mettre en échec la révolution anthropologique que les tenants et aboutissants du système imposent insidieusement aux peuples pré-formatés par eux.
    L’initiative, si ce n’est le sacrifice, à Dieu ne plaise, de Jean-François Chemain est remarquable et certainement estimable. Elle mérite sûrement d’être connue et surtout partagée.
    Pour autant la couverture choisie pour son livre semble bien réductrice, non par le titre plutôt percutant, mais par l’image révolutionnaire choisie, qui traduit bien mal la profondeur historique, intellectuelle et spirituelle de l’enjeu.C’est, à priori, un choix un peu étonnant.

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