Le fabuleux destin de Barbie Palin.

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 Noël est passé, L’heure,  pour les rayons de jouets, est au premier bilan, et il paraît que Barbie a toujours la cote auprès des petites filles. Auprès des petites filles sages, car les autres, les tweens de 10-12 ans, lolitas précoces de cour de récréation, la trouvent bien trop cucul, trop coincée quoi. Elles lui préfèrent ses concurrentes sulfureuses, -les  Bratz, les Flavas, et autres My scene – et du reste, les responsables de rayon ne s’y trompent pas : « Barbie ? Au fond à droite, avec les jouets traditionnels. », . lâchent-ils du bout des lèvres. Et on la trouve en effet entre les poupées Corolle et les baigneurs Petitcollin.

En voilà une qui a fait du chemin. Quand la blonde incendiaire dans son déshabillé en chinchilla avait fait son apparition dans les années 60 sur le marché du jouet, elle en avait effarouché plus d’un. Pour tout dire, ma grand-mère trouvait parfaitement inconvenant de faire jouer les enfants avec des poupées dotées de telles « formes ». Dans les années 80, ma sœur aînée avait entrepris  de couper au carré les crinières très Faye Duneway pour tenter de donner à ses poupées des airs de femme d’officier à la sortie de la messe à Saumur. Elle avait  même tenté de leur bricoler un serre-tête en velours. Las, rien n’y faisait, Barbie restait terriblement « mauvais genre ». Bref, la petite  n’avait pas bonne presse dans la famille.

Sans compter qu’elle avait contre elle d’être américaine. Et le curieux phénomène attraction-répulsion pour l’Outre Atlantique étant ce qu’il est, ce  n’est pas toujours un atout.

Mais la Barbie nouvelle génération a changé. Elle s’est rangée des voitures. Vrai, La Barbie des années 2000 a remisé son caniche toiletté, ses rollers roses et tous ses airs d’héroïne de Woody Allen en promenade à Central Park. Son éternel fiancé, Ken, a fini  par l’épouser. Avec leurs trois enfants, (une famille réputée  nombreuse, vous noterez bien), ils habitent « la maison du bonheur », dans laquelle ils aiment à recevoir les grands parents. Si ça ce n’est pas le rêve américain.

Barbie, en somme, tient moins de Jennifer Aston dans Sex and the City que de Sarah Palin dans l’Alaska.

Puis quand elle n’est pas une ménagère accomplie, Barbie est une princesse. Une vraie princesse, veux-je dire. Pas une  jetsetteuse. Une jolie princesse en dentelle et organdi que Mattel a eu le bon goût d’apparier non pas à un joueur de volley ball ou à un prof de Fitness, mais, je vous le donne en mille,  à un prince.  Portant couronne dorée et habit damassé. De nos jours, il fallait y penser. Quant aux formes explosives qui effrayaient tant Bonne-Maman, elles ont été revues à la baisse par Mattel pour leur donner des proportions plus… réalistes. Barbie a été la première à se faire retirer ses implants PIP.

Barbie reste pourtant très féminine. Une féminité exacerbée dérangeante à l’heure de la promotion du jouet hermaphrodite. Certains voient même en elle un objet subversif militant contre le Gender. Ben ça alors.  Si l’on avait dit à Bonne-Maman que Barbie ferait un jour figure d’emblème réactionnaire.

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Une réponse à Le fabuleux destin de Barbie Palin.

  1. labolisbiotifool dit :

    Excellent, merci ! :)

    Et bonne et heureuse nouvelle année à vous !

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