17 filles… et si ce n’était que du cinéma ?

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C’est la question vacharde que se posent déjà les officines féministes en pinçant les lèvres et en regardant de travers Hollande.

Et pourtant le garçon a fait des efforts, s’est gratté la tête, a raclé les fonds de tiroir pour  respecter la sainte parité, à se demander si sur la fin il n’a pas ouvert au hasard les pages jaunes, ou fait la plouffe  dans le fichier adhérents  du PS. C’est en tout cas ce que l’on a pu imaginer en voyant  Michèle Delaunay, nouveau ministre délégué chargé des Personnes âgées et de la Dépendance tomber des nues,  la main sur la poitrine palpitante et le ton  de voix ému et mouillé d’une gagnante du loto « qui ne s’y attendait vraiment pas » et qui ne sait pas encore quoi faire de son pactole.

Mais les féministes, l’air grognon, ont déclaré que cela n’allait pas encore. Selon le manifeste « Osez le féminisme », les femmes seraient notamment par trop cantonnées dans des ministères gneugneux : la famille, la santé, le grand âge… cela sent le tablier blanc et la cornette empesée. Quant à la photo des 17 donzelles tout sourire, exhibées sur le perron de l’Elysée, elle relevait carrément d’une indécente « instrumentalisation ».

Réjane Sénac, chercheur au CNRS et auteur de La parité est même très méfiante : « La parité quantitative n’est pas forcément synonyme d’égalité, (…), même s’il y a autant de femmes que d’hommes, le pouvoir reste viril et s’il y a un partage équilibré en terme de quantité, il n’en reste pas moins asymétrique. »Selon elle, les lauréates auraient été choisies essentiellement pour leur cumul de différences, la proportion de femmes issues  « de la diversité », (Christiane Taubira,  Najat Vallaud Belkacem ,George Pau-Langevin, Fleur Pellerin ou encore Yamina Benguigui), étant bien plus importante que celle des hommes. Autrement dit,  François Hollande s’est cru malin en faisant d’une pierre deux coups, et, finalement, cela fait mauvais genre. Ces dames, figurez-vous,  veulent être de vrais ministres, pas des cases que l’on coche, non mais ! Il ne manquait plus qu’elles aient été lesbiennes et il y aurait eu tiercé gagnant.

Parlons en justement des lesbiennes. Fumasses elles aussi. Car après les 17 filles, il y a eu le 17 mai, la journée contre l’homophobie : Scandale, les lesbiennes seraient sous représentées par rapport à leurs homologues masculins au sein du mouvement LGBT (Lesbienne-gai-bi-trans), avec pour conséquence « un faible poids dans les prises de décision concernant les revendications politiques et l’avenir du mouvement ». Finalement, la population gay serait aussi sexiste que les vulgaires machos hétéros.

La révolte gronde, on ne peut décidément plus faire confiance à personne, même plus aux homos ni aux socialos.

Bref, si François Hollande pensait pouvoir rentrer à peu de frais dans les petits  papiers des féministes, il se fourrait le doigt dans l’œil. Et parvenir à satisfaire conjointement les insatiables aspirations des lobbies qui l’ont soutenu, (du féminisme, de l’homosexualité et de la diversité), va peut-être s’avérer aussi compliqué que de résoudre la crise.

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