Le jour où maman a licencié papa.

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Elle s’appelle Marlène Schiappa, elle se présente comme la présidente de l’association « Maman travaille », (« réseau de mères actives, lobbying et conférences pour une meilleure conciliation vie pro/vie familiale et pour l’égalité père/mère »), et elle écrit dans un article intitulé «Les droits des mères sont-ils solubles dans le mariage gay ?» paru sur le  Huffington Post tout le mal qu’elle pense de la mutation actuelle du « congé paternité » en « congé d’accueil à l’enfant », préalable indispensable au mariage gay et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

N’allez pas prendre Marlène pour la méchante fille réac qu’elle n’est pas, cela lui ferait beaucoup de peine. Son article d’ailleurs commence par une mise en garde très claire : « De mon point de vue, l’homosexualité est une orientation sexuelle et/ou amoureuse. En aucun cas je ne considère l’homosexualité comme une maladie / une déviance / une punition de Dieu. »

Tout le monde est rassuré, la dame peut poursuivre : «Ce préalable étant établi, permettez-moi, toute homophobie exclue, mais sans tabou, de m’interroger sur la loi dite « du mariage pour tous ». Car à trop vouloir pousser la logique égalitariste à son paroxysme, on en oublie parfois les dommages collatéraux: les droits des mères sont-ils solubles dans le mariage gay ? ».

En effet la nouvelle terminologie du congé paternité, (devenu « congé paternité et d’accueil à l’enfant »), signifie, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, que ce congé peut être pris « indifféremment par le père,  le compagnon, ou la compagne de la mère ».

Marlène s’indigne et lève les bras au ciel : « comment exiger un partage équitable [des tâches ménagères], quand le père peut être congédié et remplacé du jour au lendemain, au gré de la mère -seule responsable du choix, un simple courrier de sa part désignant qui peut profiter du congé paternité suffisant ? ».

Pour le dire autrement, si le géniteur se sent en CDD, sur un siège éjectable, dans un job dont il peut être viré sans autre forme de procès, comment voulez-vous qu’il ait envie de s’investir ? Tous les patrons, vous le diront : Le personnel intérimaire, ce n’est jamais très motivé. Faute de père investi, le baluchon « corvées familiales » retomberait donc intégralement sur les épaules de la mère.

C’est donc un  »congé paternité volé légalement par le petit ami de la mère », que dénonce Marlène Schiappa. Et elle conclut par cette sentence, (légèrement réactionnaire, quoiqu’elle veuille bien en dire) : « La paternité ne se définit pas par « celui qui couche avec maman ». La paternité ne se remet pas en question. Elle est. »

Mais plus que le droit des mères, c’est surtout celui des pères, (biologiques), qui en prend un sacré coup, non ?  Etonnant  qu’aucune association de papas ne monte au créneau pour dénoncer la précarité du travail, le peu de reconnaissance, l’absence de préavis, d’entretien préalable et de nécessité de prouver la faute grave….

Ah, et tiens : Pour réclamer aussi la parité des sexes au sein de ces instances dirigeantes de l’entreprise famille qu’on appelle des parents.

 

 

 

 

 

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Une réponse à Le jour où maman a licencié papa.

  1. Konrad dit :

    Bravo, encore un excellent post signé Gabrielle CLUZEL !

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