Hermès : Etre une marque libérée, tu sais c’est pas si facile.

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Cette fois, c’est fini, pour Noël, plus d’étuis à préservatifs dans les boutiques Hermès. Il paraît que le produit « n’a pas pris ». Un flop, quoi.

La marque Hermès a dû se rendre à l’évidence : Le préservatif chic et de bon goût, ça n’existe pas.

Hermès avait réussi jusqu’à ces dernières années la prouesse délicate de rester dans le luxe sans se répandre dans le bling-bling. Quand Louis Vuitton ne savait plus guère séduire  que les émirs de Dubaï, Hermès continuait d’attirer dans ses boutiques, -certes le plus souvent pendant les soldes-, les petites dames à chignon poivre et sel  qui, l’automne venu,  aimaient à glisser frileusement le carré éponyme dans l’échancrure de leur loden vert pour arpenter les contre-allées de Versailles.

L’accessoire était même gentiment devenu au fil du temps une composante célèbre du charme discret des jeunes filles légèrement coincées.

Outre le carré, il y avait aussi la cravate.

Ah ! La cravate Hermès … Signe d’éducation. Gage de réussite.

Cadeau de fin d’études pour jeunes gens en école de commerce huppée. Coût proportionnel aux frais de scolarité.  Manière d’adoubement pour rentrer tête haute dans les salles de marché ou les bureaux feutrés des cabinets d’audit. Coup de grâce pour les manants de l’IUT de Montluçon ou du Creusot et leur cravate Kiabi synthétique.

Et puis en 2007, la marque avait soudain voulu se dévergonder.

Hermès  avait donc sorti dans son rayon maroquinerie un petit étui en cuir  « porte-préservatifs »,   (en véritable peau de cuir veau barenia, s’il vous plaît), et  avait récidivé en 2009 en fanfare avec l’opération « Life in a pocket » : Une cravate en soie frappée à son revers d’un petit ruban rouge et de l’ injonction « sortez couvert » sur une petite poche intérieure spécialement dédiée au rangement du préservatif …(une partie du prix d’achat étant reversée au Sidaction).

La classe, non ? Hyper sympa dans les souliers sous le sapin : « Oh ! Merci Grand-Mère ! Un porte-préservatifs ! Quelle délicate attention, j’en rêvais justement ! ».

Tout porte à penser que l’olibrius du service Recherche et Développement à l’origine de cette  idée merveilleuse pointe à  présent chez Pôle Emploi.

En cherchant bien, on trouve encore quelques étuis, bradés sur Le Boncoin et sur e-bay. Un moyen inespéré finalement d’avoir enfin un truc Hermès. Eu égard à la forme, on pourra toujours y glisser des cartes de fidélité ou quelques kleenex. Rien ne se perd, tout se transforme.

 

 

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2 réponses à Hermès : Etre une marque libérée, tu sais c’est pas si facile.

  1. Mahaut dit :

    Et puis 360 euros c’était donné pour cette ravissante petite maroquinerie si délicate…. Mais que vais je offrir à mes fils et mari pour Noël ? Dans ce registre de bon goût je ne trouve pas.

  2. Konrad dit :

    « Le produit n’a pas pris » ….. Peut être une question de coloris proposés ?

    Rose, vert pomme, arc en ciel, noir vernis cloutés ….. auraient sans doute plu davantage à ces « messieurs  » du Marais.

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