Enfant désiré, enfant plus aimé ?

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On nous dit, on nous le répète, cela paraît désormais tomber sous le sens : grâce à la contraception, l’avortement, nous assistons à l’arrivée de générations entières « d’enfants désirés », ce qui constitue de l’avis de tous un formidable progrès, un avantage ineffable offert par la planification des naissances. En est-on sûr ? Etre un enfant désiré, qu’est-ce que cela change ?

Les journaux Marie-Claire et La Croix ont posé la question ces dernières semaines à deux psychologues.

Leurs réponses nous donnent un regard croisé sur le sujet tout à fait inattendu : Non, un enfant, pour avoir été désiré, n’est pas plus aimé qu’un autre. Mieux, ces générations d’enfants désirés seraient peut-être finalement « mal » aimés.

Selon la psychiatre Monique Bydlowsky,  auteur de  Les enfants du désir  publié chez Odile Jacob, « Le désir d’enfant est complexe ». Parce que l’on peut désirer un enfant pour de mauvaises raisons ou des raisons transitoires, parce que les parents peuvent être déçus par la réalité de l’enfant qui ne correspond pas à l’enfant rêvé. Bref, elle est « prête à parier qu’il y a autant d’enfants mal acceptés qu’autrefois  ».  A l’inverse, Combien d’enfants peu attendus ont fait le bonheur de leurs parents ?

Pour le psychiatre Jean Maisondieu auteur de Même les kangourous se détachent de leur mère édité chez Payot, le fait que la naissance d’un enfant ne soit plus un évènement (heureux ou malheureux) tombé du ciel, la consécration de l’enfant désiré, va « modifier significativement les rapports familiaux » et pas forcément en bien. Pour lui, avec cette nouvelle donne, « les parents n’élèvent plus leurs enfants dans la perspective de les inscrire dans la société. Ils « développent » leur progéniture afin que celle-ci soit le mieux armée possible pour faire front dans une société hostile. Et cela engendre évidemment des changements de repères, comme une montée de l’individualisme et la fragilisation du lien social, notamment.  »
Pour lui, la croyance selon laquelle  avoir été désiré est la garantie d’une vie plus épanouie est une idée collectivement partagée mais fausse. Par exemple, « savoir que l’on a été ardemment attendu, que l’on est l’enfant sur lequel tout repose, ne facilite pas la tâche, bien au contraire : difficile de prendre son envol, de vivre pour soi quand le poids des attentes parentales paraît lourd et qu’on se veut reconnaissant ».

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Une réponse à Enfant désiré, enfant plus aimé ?

  1. Armelle SIMON dit :

    La naissance d’un enfant, désiré ou non, demeure une grâce !
    Pour s’en convaincre : le témoignage de cette jeune femme née à la suite d’un avortement raté !
    http://www.padreblog.fr/rescapee-de-lavortement-elle-temoigne
    Bouleversant !
    Malgré tout, le gouvernement sous l’impulsion toxique de NVB cherche à durcir la promotion de l’IVG !

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