Congé parental, le coup fatal ?

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Allez. Cette fois on y est.. Najat Belkacem vient d’annoncer qu’elle va réformer le congé parental.

Ne pourriez pas lui ficher la paix à ce pauv’ congé parental qui ne vous a rien fait ?  Laisser un peu tranquilles les mère de famille qui souhaitent faire le choix, (farfelu, décalé, zinzin, d’un autre âge …, selon vous peut-être, mais choix quand même !),  de rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants ?

Souvenez-vous, c’était en février 2009. Nicolas Sarkozy avait évoqué « un immense gâchis ». Faisait-il allusion au procès Kerviel ?  Au scandale Maddoff ? A l’affaire Natixis peut-être ?

Penses-tu. En cette période de début de crise qui révélait à la face du monde les plus sulfureuses turpitudes financières, Sarkozy n’avait semble-t-il trouvé personne d’autre à fustiger que …les mères de famille. Celles qui ont fait le choix d’arrêter de travailler pendant trois ans pour élever leur bébé. Renoncer à faire du cash pour regarder grandir son tout-petit, c’est très mal.

Pour punir les coupables, Sarkozy avait chargé la députée UMP des Alpes Maritimes Michèle Tabarot de mettre sur pied un projet de réforme au très criminel congé parental.

L’idée maîtresse du rapport qu’elle avait alors rendu était très simple : Réduire de toute urgence ce congé. Le réduire à un an tout en le rendant plus juteux.

Pour finir, le projet avait été abandonné.

Mais c’était compter sans Najat, ministre des droits des femmes, qui se fait fort de défendre les femmes, de faire leur bien malgré elle. Et autant vous dire que celle qui déclarait « vouloir devenir autre chose qu’une ouvrière ou  une mère de famille » (sic) a des idées bien arrêtées sur la question.

Najat Belkacem, (qui va entrer en négociation avec les partenaires sociaux  à partir du 21 septembre), a commencé par déclarer que le congé parental serait revalorisé… avant de rajouter qu’il serait aussi raccourci. Une communication, donc, plus finaude que celle de Sarkozy en son temps, mais pour le même résultat que celui imaginé par Michèle Tabarot.

Car bien sûr, ce congé plus court sera « imposé », et non pas « proposé », puisque depuis 2006, il fait déjà partie des options possibles pour les mères de famille

En effet, l’Allocation Parentale d’Education, (servie par la CAF),  avait déjà été réformée pour permettre aux jeunes mères qui le souhaitaient de prendre un congé parental tout à la fois moins long et mieux rémunéré.

L’APE  s’était muée en deux nouvelles allocations laissées au libre choix des mamans (650 000 mères au total sont concernées): le CLCA (3 ans de congé, l’équivalent de l’ancienne APE),  et le COLCA (Seulement un an de congé mais assorti d’une plus forte allocation).

Las. C’était oublier que les jeunes femmes sont de petites choses évaporées. Ces dindes ont continué à opter en masse pour le congé parental de 3 ans, nullement appâtées par les avantages financiers de l’autre alternative. Heureusement, Najat, – qui sait ce qui est bon pour elles-,  veille. Et se fait fort de les remettre fissa dans le droit chemin…. En leur ôtant la liberté de choisir. Simple et efficace. Ne sera donc nouveau dans cette réforme que le caractère obligatoire de ce nouveau dispositif.

Pour la femme, le préjudice est non seulement  familial mais aussi professionnel : Ces trois ans permettaient aux jeunes mères qui le souhaitaient de suivre une nouvelle formation, de prendre une orientation professionnelle plus compatible avec leur nouveau rythme de vie. Une année de congé ne saurait suffire à ce genre de réajustement.

Par ailleurs, cette refonte autoritaire risque d’avoir des conséquences graves sur le pouvoir d’achat des familles nombreuses. L’allocation associée au congé parental constituait pour nombre d’entre elles, -tant que leur petit dernier n’avait pas atteint l’âge de 3 ans-, une « niche », un supplément de revenu modeste mais bien réel.

En effet, pour obtenir l’allocation, il suffisait d’avoir travaillé deux ans dans les cinq années précédant  la grossesse. La période durant laquelle était servie cette allocation était elle-même ensuite considérée aux yeux de la CAF comme temps de travail, et justifiait donc l’ouverture aux droits à l’allocation pour l’enfant suivant sans que la jeune mère ait nécessairement repris le travail entre deux.  Une allocation reconduite, donc, d’enfant en enfant qui  pouvait s’apparenter à une sorte de salaire parental toléré par tous les gouvernements précédents de gauche comme de droite, et qui aidait à soutenir la consommation des familles nombreuses.

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9 réponses à Congé parental, le coup fatal ?

  1. D’autant, que, n’en déplaise à Najat, ce n’est pas toujours un choix de s’arrêter et que l’offre pléthorique de mode de garde y est pour quelque-chose ainsi que les boulots masculins qui font fi de l’éventualité d’une vie familiale par ailleurs. Quand les salaires sont moyens ou bas, il est plus intéressant financièrement de s’arrêter. Autrement la nounou récupère l’essentiel des sous durement gagnés. Elle n’a sans doute pas eu à faire ce choix Najat. Son salaire était bien trop élevé pour se poser des questions de subsistances. Et je ne parle même pas du choix philosophique d’éléver soi-même ses enfants, plutôt que de confier cette tâche à des personnes étrangères, peu formées. Je savais que le gouvernement actuel suivait une direction bien définie. Je commence à entrevoir laquelle. Le mur.

  2. Cécile dit :

    J’ai eu des jumeaux et deux ans plus tard un troisième enfant. J’ai pris un congé parental; s’il n’avait duré qu’un an, j’aurais dû choisir entre :
    - caser mes deux 18 mois (à Paris !) et retourner travailler enceinte avec une grossesse à risques (mon employeur aurait apprécié, non ? sans compter la sécu)
    - démissionner…
    Elle n’a vraiment rien de plus urgent/important à faire pour les femmes, la ministre, que de mettre en danger celles qui ne rentrent pas dans le modèle « un enfant ou 2 espacés de trois ans au minimum » ? celles qui n’ont pas de solution de garde avant la maternelle, celles qui ont des horaires atypiques ? C’est le congé parental de 3 ans qui protège les femmes ayant un emploi stable, pour qu’elles puissent le reprendre quand bébé entre en maternelle; celles qui ont du mal à retrouver un boulot après le congé parental, ce sont celles qui étaient déjà précaires avant…
    C’est une mesure idéologique qui vise à forcer les femmes à reprendre une activité professionnelle, tout le reste n’est que du blabla. Surtout que quand on a des enfants à faire garder, on travaille souvent pour quelques sous, au bout du compte; mais ça crée des emplois de nounous, ça fait rentrer des impôts… L’état, lui, y trouve son compte, au détriment de la sérénité des familles et du bien-être des petits.
    Bien sûr c’est un risque de d’être un temps au foyer: pas de retraite, dépendance financière au conjoint, réinsertion parfois problématique dans la vie professionnelle, pour ne citer que les points principaux. Ne pourrait-on pas travailler à les réduire, plutôt que de prendre des mesures coercitives ?

  3. FAEF dit :

    Vous devriez nous rejoindre dans notre combat ! Nous sommes une association qui défend les droits des femmes au foyer qu’elles y soient pour un temps ou pour plus.
    Voici l’adresse de notre blog : faef.blogspot.com
    Nous sommes les « nouvelles femmes au foyer » : Notre défi est de vouloir tout faire mais tout faire bien car successivement : les études, le métier, la famille, l’éducation de nos enfants, éventuellement le retour à la vie professionnelle….

  4. do dit :

    de toutes façons, dès qu’on limite la liberté des gens (choisir de rester ou non à la maison), on coule vers le totalitarisme.
    c’est ce que la gauche a toujours fait, malgré son discours de soi disant libération des peuples. ils vont aussi nous empêcher rapidement de choisir l’école de nos enfants, et tout ce qui ne leur plait pas à eux.
    la tolérance c’est « uniquement pour ceux qui pensent comme eux ».
    vis à vis de ceux qui pensent autrement, c’est des dictateurs.
    tous les pays socialisants l’ont déjà démontré.
    pffff, ça va être long, ces 5 ans.

  5. Armelle dit :

    La décison de Najat est peut-être liée à la crainte de devoir financer trop de congés parentaux avec l’adoption de la loi sur l’homo-parentalité…

  6. Ping : EVE Le Blog » Blog Archive » Leadership féminin : ce qu’on retiendra de septembre 2012

  7. Thaliane dit :

    Cet article est d’une mauvaise foi hallucinante. Dire que NVB s’attaque aux mères de famille est faux : d’une part le CPE n’est pas réservé aux mères (si si c’est bien un congé parental PAS maternel). D’autre part, toutes les mères ne sont pas concernées: nombreuses sont celles qui n’ont pas recours au CPE. Tout en le finançant par leurs impôts… Savez-vous que le CPE coûte plus de 5 milliards par an à la collectivité ?!
    La liberté des uns financée par l’effort des autres…
    Et dans la réalité il coûte encore plus cher à celles qui ne le prennent pas : étant toujours soupçonnées par les employeurs d’être susceptibles d’interrompre leur carrière un jour, elles sont moins payées que les hommes. En incitant des mères à s’arrêter, on fait peser et payer le soupçon à toutes !

    Alors tant que le CPE ne sera pas pris à parité entre les hommes et les femmes, il FAUT le réformer.

    L’argument sur les modes de garde: avec les économies faites sur le CPE, on va pouvoir en financer.
    L’argument sur le bénéfice pour la carrière des femmes en CPE: citez moi des chiffres de femmes en CPE et ayant suivi une formation et on en reparlera. Quant à la réorientation post-CPE, elle est due dans une très grand part au fait qu’après 3 ans, les femmes sont incapables de se soumettre aux contraintes de l’entreprise, de se remettre dans le bain. Il s’agit d’une réorientation forcée par les circonstances. Sans compter que monsieur ayant bien pris l’habitude que toutes les charges familiales soient assurées par madame, le retour en arrière n’est plus possible et il faut bien trouver une solution autre que la parité domestique pour concilier travail professionnel et travail domestique…
    Le CPE est le meilleur moyen de faire perdurer la division sexuée du travail: pro bien rémunéré pour les hommes, domestique gratuit pour les femmes.

  8. Montjoie-Saint-Denis dit :

    Le problème va bien au-delà du simple congé parental. C’est la natalité et la démographie qui sont en cause à terme, cette réforme du congé parental n’étant qu’une étape de plus dans le cadre d’une politique ourdie depuis longtemps et qui ne veut pas dire son nom.

    Ces gens qui nous gouvernent (toutes tendances politiques confondues) ont horreur du « national » et n’exècrent rien tant qu’une nation qui serait homogène, c’est-à-dire éthniquement cohérente, avec une culture et des traditions bien ancrées. Ils veulent une société cosmopolite parce que celle-ci sonnera le glas des anciens cadres.

    Et le moyen le plus rapide d’y parvenir, c’est de dissuader les couples qui travaillent – autrement dit les couples français – de faire des gosses parce que ce ne sera plus gérable, et pendant ce temps-là faire venir des immigrés par wagons, dont les femmes – qui ne travailleront jamais – auront 7 ou 8 gosses et les allocs qui vont avec.

  9. Robert Marchenoir dit :

    Vous revendiquez la liberté, mais vous réclamez en même temps des allocations.

    C’est incohérent. Au nom de quoi l’Etat devrait-il financer trois ans de non-travail, puis à nouveau trois ans de non-travail, et ce de surcroît en plus des allocations familiales ?

    Le congé parental est déjà un non-sens pour les entreprises, et une atteinte intolérable à leur liberté. Une employée recrutée puis formée à grands frais peut s’arrêter de travailler du jour au lendemain sans préavis, à un moment imprévisible. Il faut alors la remplacer au pied levé !

    Mais la personne qui va la remplacer sera en emploi précaire, puisque la salariée d’origine a le droit de reprendre son poste au bout de trois ans. Mais elle a aussi le droit de ne pas le reprendre si elle fait un nouvel enfant, auquel cas cela bouleversera à nouveau les plans de l’entreprise !…

    Comment voulez-vous créer des emplois et des bons salaires dans ses conditions ?

    Et après, on chouine à la discrimination à l’encontre des femmes sur le lieu de travail. Mais bien sûr que les entreprises discriminent à l’encontre des femmes. Encore heureux. C’est bien la moindre des choses.

    Si je prends une bougie allumée et que je mets votre main dessus, vous n’allez pas me dire: je refuse de discriminer la bougie. Vous allez retirer votre main.

    En réalité, les femmes doivent choisir (et la société avec elles, car ce choix n’appartient évidemment pas aux seules femmes) : SOIT les femmes travaillent, ET ALORS elles doivent accepter, pour elles mais surtout pour leurs enfants, le lourd fardeau de leur absence. SOIT les femmes ne travaillent pas, ET ALORS elles peuvent pleinement se consacrer à leur rôle naturel, qui est d’élever leurs enfants.

    Le politiquement correct se tortille dans tous les sens pour répéter à l’infini que « les femmes doivent pouvoir concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale », sauf que par définition ce n’est pas possible.

    Vous ne pouvez pas tourner à la fois à droite et à gauche. Une toile ne peut pas être à la fois noire et blanche. Les journées ne font que 24 heures. Vous ne pouvez pas à la fois être auprès de vos enfants et être éloignée d’eux.

    On ne peut pas à la fois être sévère et indulgent avec les délinquants.

    Il faut CHOISIR. Notre époque trop gâtée refuse de choisir. Elle croit qu’elle peut avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre. La carrière professionnelle pour les femmes, la présence de la mère auprès des enfants, et en plus pour couronner le tout de l’argent gratuit donné par l’Etat !

    Il y a dans toute cette histoire une hypocrisie et un refus de la réalité sidérants.

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