Ni Putes Ni Soumises : dix ans seulement, mais ça sent déjà le sapin…

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Le 4 avril dernier avait lieu le dîner anniversaire de  Ni Putes Ni Soumises. Il y a dix ans, quelques mois après l’assassinat de Sohane Benziane (brûlée vive dans la cité Balzac de Vitry-sur-Seine),  Fadela Amera déposait les statuts de l’association avec cette mission de défendre la condition des femmes dans les « quartiers ».

Mais le moins que l’on puisse dire est que NPNS ne fait pas aujourd’hui l’unanimité.  Comme en témoignent les propos de Maryam al Shamiya sur le site de Médiapart et Nadia Lakehal du Bondy Blog, ou encore les déclarations de la sociologue Nacira Guénif-Souilamas (auteur de Féministes et le garçon arabe), interrogée par les Inrocks à l’occasion de ce dixième anniversaire : « Il n’y rien de bon à retenir de Ni Putes ni Soumises ».

Il y a pêle-mêle la personnalité de Fadela Amera (Rachida Dati du pauvre, à laquelle NPNS a permis de devenir secrétaire d’état avec un seul CAP en main), il y a les agissements de Mohammed Abdi, ( secrétaire général de l’association et compagnon de Fadela, condamné en 2006 pour escroquerie, il y a les dépenses somptuaires (permises par les coquettes subventions annuelles), la réputation de tyran de Sihem Habchi (surnommée la « Khadafi » de NPNS) celle qui a succédé à Fadela Amara jusqu’en 2011, date à laquelle elle a dû céder la place à Asma Guenifi, il y a les collusions successives avec les gouvernements de tous bords (Fadel auprès de Sarkozy, Silhem auprès d’Arnaud Montebourg), qui sentent l’instrumentalisation, mais tout cela n’aurait sans doute  jamais fait surface si le NPNS ne s’était pas rendu d’un péché autrement plus grave : tenter de remplir son impossible mission féministe au sein des cités.  Et c’est cela qui risque bien d’ébranler définitivement l’association toute médiatisée, soutenue par les politiques, proche de SOS racisme, et reconnue qu’elle ait été.

Car le féminisme, bien sûr, n’est amusant, intéressant, constructif, essentiel que lorsqu’il s’attaque à défendre la cause de la femme occidentale et à stigmatiser les agissements honteusement sexistes de son compagnon, tout autre combat est nul et non avenu.  C’est ce que disent en substance les blogueurs Maryam al Shamiya, Rachid Barbouch ou encore Nadia Lakehal, relayés par Mediapart.

Ainsi Maryam al Shamiya loue-t-elle temps béni des années 70, avec son Manifeste des 343 salopes et ses « femmes merveilleuses comme Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Christine Delphy, Marguerite Duras, François Sagan, Marina Vlady, Agnès Varda, j’en passe et des meilleures ». Mais tout cela est bien fini, se lamente-t-elle : « Las, aujourd’hui, le féminisme vire de mal en pis », il a pris « le garçon arabe comme bouc-émissaire ».

Les dirigeantes de NPNS par exemple opposeraient insidieusement dans leurs discours  « une France  laïque, républicaine, moderne, égalitaire et émancipée, qui est blanche de peau, qui vit dans les centre-villes et qui bénéficie des acquis du combat féministe » à  « La France des quartiers, soumise à la loi de la cité, mélange de machisme traditionnel hérité de parents immigrés et d’intégrisme musulman promu par les grands frères ».

Nacira Guénif-Souilamas, dans les Inrocks, affirme quant à elle que le « stéréotype du garçon arabe découle de NPNS. Leur discours est devenu un alibi pour entretenir un discours anti-arabe, et est devenue une cause de la xénophobie d’état. C’est du féminisme de bas étage et donc extrêmement dommageable pour le féminisme ».

Ces tirs de mortier récents en direction du NPNS sont surtout révélateurs des déchirements qui agitent l’univers du féminisme «traditionnel ».

Que les héritières d’Olympe de Gouges se cantonnent donc à leurs vieilles lunes, à guerroyer pou rajouter des « e » à la fin des mots du dictionnaire et à affubler les enfants de prénoms neutres, c’est tout ce qu’on leur demande. Si elles s’aventuraient à aller chercher des poux dans d’autres têtes que celles des godelureaux de culture chrétienne, elles se rendraient immédiatement coupables de racisme  et de colonialisme (comme l’a appris à ses dépens l’an passé,  médusée et fumasse, Caroline Fourest elle-même).

Emblématique de ces féministes schizophrènes adeptes sans complexe du deux poids deux mesures, Christine Delphy…  après avoir enjoint les françaises à brûler leurs soutiens gorges, elle tire furieusement au canon de vingt sur quiconque s’aviserait de vouloir remettre en cause le voile islamique.

Pour la faire courte, les femmes occidentales seraient des cruches qu’il faudrait libérer par la force, quand les autres pourraient opposer aux féministes un droit inaliénable à s’opprimer elles-mêmes… Un raisonnement auquel NPNS est priée de bien vouloir adhérer si elle ne veut pas s’isoler dangereusement.

D’autant que dans un autre registre, NPNS, en allant jusqu’au bout de ses convictions féministes, a fini par s’aliéner d’autres soutiens de poids : il y a quelques semaines, l’association s’est élevée dans un communiqué contre la circulaire Taubira visant à régulariser la situation des enfants nés de mère porteuse à l’étranger.

On comprend  mieux pourquoi les Inrocks qualifient l’association NPNS de « lessivée pour ne pas dire moribonde ». Après la gloire la disgrâce. visuel npns.

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L’extrême-gauche allemande veut la peau de la poupée Barbie.

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Dans un précédent post, je l’avais évoqué : Barbie, la sulfureuse poupée  blonde, n’a pas que des amis. Sans doute parce que ses mensurations, -pour ne parler que d’elles-,  ne sont pas très gender compatibles ?

Ainsi on vient de l’apprendre, les militants allemands d’extrême-gauche (un peu désœuvrés peut-être ?), menacent de compromettre l’ouverture de la maison géante dédiée à Barbie et à ses fans, censée être inaugurée en mai à Berlin.

Franziska Sedlak, militante du mouvement »Die Linke » est littéralement outrée de voir s’installer un tel établissement dans la capitale allemande, Barbie étant selon elle une poupée « réactionnaire,  puisqu’elle suggère que le seul rôle de la femme est d’être belle, de porter  des talons-hauts et de toujours avoir un gâteau dans le four. » Une aliénation dégueulasse quand bien sûr chacun sait que  si on leur en laissait le loisir les femmes adoreraient être moches, en savates, et faire de la plomberie à leurs heures perdues. Barbie visuel extrême-gauche

Rappelez-moi de ne pas dire à Franziska que lorsque j’avais dix ans, j’ai donné mon seul Ken (terriblement efféminé avec sa coupe au carré gominée et son pantalon à paillettes), pour racheter dans une brocante un Action Man autrement plus viril (dont malheureusement les palmes de plongeur n’étaient pas amovibles, ce qui enlevait un peu de sa solennité à la cérémonie du mariage avec Barbie, je vous l’accorde), car elle lancerait, je le sens bien, une de ses fatwas contre moi.

Quoi qu’il en soit, les militants d’extrême-gauche appellent à occuper la maison Barbie le jour de son ouverture. Et les playmobil fun Park et et autres Legoland Park, qui ne sont pas exempts de tout soupçon en matière de promotion de la famille traditionnelle, n’ont qu’à bien se tenir, car leur heure viendra sans doute.

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Après le mariage pour tous, le gazage pour tous…

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photo dompsure floutée Une mère de famille victime par surprise avec sa fille de 10 ans demande une enquête à l’IGS.

A l’attention de Monsieur le Directeur de l’Inspection Générale des Services

Copie à M. le Préfet de Police de Paris

Tours, le 26 mars 2013

 Lettre recommandée avec AR

Objet : Demande enquête sur violence gratuite CRS

Cher Monsieur,

J’ai 38 ans, je suis mère de 6 enfants et j’ai participé dimanche après-midi à la manifpourtous avec mon mari, deux de nos enfants et des familles amies.

La manif s’est exceptionnellement bien passée, une foule historique et une ambiance à la fois festive et concentrée…

En repartant de la manif, nous avons suivi les consignes de la tribune nous disant de quitter la Grande Armée où nous étions par les avenues adjacentes. La foule était toujours impressionnante…il y avait des gens partout, ambiance chantante et joyeuse, la mobilisation était réussie !

En empruntant une rue assez étroite qui contourne l’Arc de Triomphe (angle rue Presbourg/Vernet/avMarceau, il était entre 18h20 et 18h30), il y a eu un ralentissement.

Comme tout le monde circulait partout, je n’ai pas pensé un seul instant qu’il pourrait y avoir des heurts. Je me suis approchée, tenant ma fille de 10 ans par la main. Nous nous sommes faites gazer à 1m/1m50 des CRS…une violence inouïe ! Je me suis immédiatement reculée en protégeant ma fille, atteinte comme moi au visage. Ne doit-on pas prévenir avant de sortir les gaz ? J’ai été abasourdie par la violence et la rapidité de ce traitement inexpliqué… les familles autour étaient pacifiques, je n’ai vu ni « extrémistes » ni « casseurs »…

Dès que j’ai été en mesure d’ouvrir les yeux, j’ai demandé le responsable des CRS, on m’a répondu qu’aucun chef n’était disponible pour me parler. Et soudainement, les CRS qui venaient de nous gazer sont partis, laissant complètement libre la voie qu’ils semblaient devoir protéger à n’importe quel prix…(soit 3 minutes après le gazage…)

Ils se sont remis en ordre derrière les barrières avenue Marceau. J’ai vu à ce moment-là un préfet avec un gros talkie-walkie qui me répétait en boucle « ce n’est pas ma zone, ce n’est pas ma zone, je ne peux pas vous parler »…mais alors que faisait-il là si ce n’était pas « sa » zone?  Et répondre à une mère de famille qui vient de se faire gazer fait, je pense, partie de ses fonctions…

On m’a crié qu’il y avait des « consignes », quid ? de gazer pour rien et de partir aussi vite…  recommencer ailleurs ?

Qu’il y ait des « consignes » avant un rassemblement, je trouve cela évident et d’ailleurs plutôt rassurant.  Mais qu’on se cache derrière le mot « consigne » pour justifier l’inacceptable me semble malhonnête.  Je sais aussi en tant que citoyenne et mère de famille qu’une consigne est à adapter à la situation qui se présente. La consigne fait travailler l’intelligence et le discernement mais ne l’annihile pas.

Le gazage ne se justifiait d’aucune manière…surtout pour laisser la rue complètement libre 3 minutes après…

Je suis profondément choquée par la disproportion de l’action des CRS par rapport aux « forces familiales» en présence…et aux quelques personnes présentes à ce coin de rue en particulier.

Aussi, afin de tirer les conséquences de cet acte, je vous demande de bien vouloir procéder à une enquête interne :

-           pour connaître les raisons de cette agression aussi grave qu’inutile

-          et de sanctionner en conséquence les responsables de celle-ci.

Je compte sur votre retour pour me tenir informée des suites.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations respectueuses.

 O.D.

PJ. Ci-dessous : Photos

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Samedi 23 mars 2013 : Assises de la Résistance Chrétienne.

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Mise en page 1

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Le 8 mars, journée du mouchoir.

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femme pleurs

On connaissait depuis déjà longtemps  Le sanglot de l’homme blanc (de Pascal Bruckner ), on a découvert en 2012 le sanglot de l’homme noir (de l’écrivain congolais Alain Mabanckou), mais il y a aussi le sanglot de la femme blanche que nous réécrivent chaque 8 mars les officines féministes. Car la journée de la femme est d’abord une litanie de griefs à l’encontre de l’Occident. Il est moins fatigant, -et moins dangereux-, de gratter les chiures de mouches que de s’attaquer aux gros dossiers insolubles qui donnent mal à la tête, comme ceux que l’on voit poindre au-delà de la Méditerranée depuis certain printemps arabe. Mais depuis  le temps que l’on échange des kleenex, que l’on consacre une journée par an à mettre sur pied des «avancées », qu’en est-il réellement de la femme européenne? Qu’a-t-elle vraiment gagné depuis 50 ans ?

Selon une étude de The Telegraph, les mamans anglaises ont seulement 26 minutes pour elles par jour : « Les femmes prennent sur leur temps de détente en voulant être des mamans parfaites tout en jonglant avec leur boulot ». 56% d’entre elles trouvent qu’elles ont moins de temps libre que leurs propres mères n’en avaient à leur âge… comme si on avait rajouté quelques baleines au « corset invisible » cher à Eliette Abécassis. Une libération ?

Dans son livre Qui gardera nos enfants ?, la sociologue Caroline Ibos fait témoigner les nounous. Le jugement de ces ivoiriennes, sénégalaises ou maghrébines qui viennent s’occuper des enfants des quartiers chics est unanime : Les françaises sont stressées, nerveuses, « overbookées », incapables de se poser et de profiter de la vie. Intrusives aussi, dirigistes, exigeantes. Comme confusément jalouses, lit-on en filigrane, du temps que d’autres passent avec la chair de leur chair, dans une société qui ne laisse guère le choix, -financièrement et psychologiquement-, à celles qui aimeraient peut-être parfois pouvoir être, au moins un temps, les nounous de leurs propres enfants. Une libération ?

Sur un plateau télévisé il n’y a pas si longtemps, Nicolas Bedos, a traité une étudiante de 20 ans de P… et de quelques autres noms d’oiseaux du même genre. Mais tout cela selon lui était du registre du vocabulaire amoureux. Des petits mots doux. De la drague, quoi. Oubliées les simagrées puritaines et la galanterie chichiteuse. En même temps que les mœurs, le vocabulaire s’est libéré, et la procédure entre hommes et femmes s’est simplifiée.

Dans son témoignage  Ne deviens pas gay  tu finiras triste,  Sébastien, qui a été homosexuel,  rapporte que certains garçons viennent à l’homosexualité par « confort » : entre garçons, on ne s’embarrasse pas de fastidieux préliminaires (restaurant, cinéma, bouquets de fleurs, lettres enflammées…), on va droit au but. A la faveur de la révolution sexuelle,  ce mode de fonctionnement expéditif, – « Tu veux ou tu veux pas ? » -, a été étendu à la sphère hétéro : La dérégulation des rapports hommes-femmes, la déliquescence du mariage et de son formalisme ont  rendu le passage à l’acte plus immédiat. Mais cet écrasement des étapes intermédiaires peut conduire à quelques quiproquos quant à la notion de consentement. Des quiproquos qui s’appellent des viols, dont témoignent plusieurs jeunes filles sur les forums consacrés à la sexualité des adolescents. Une libération ?

Foin des scandales médicaux.  A compter du 31 mars, la pilule et autres « moyens de contraception faisant l’objet d’un remboursement partiel » seront gratuits pour les mineures. Mais rassurez-vous, un rapport remis l’an dernier au gouvernement sur la contraception et l’IVG chez les adolescentes préconise de renoncer au « tout pilule », pour les orienter vers l’implant contraceptif. Car les petites filles ne sont pas raisonnables. Refusent de prendre sagement leur pilule, comme elles se brossent les dents et préparent leur cartable.  Se montrent rétives à soigner leur fécondité comme une affection au long cours, de l’asthme ou du diabète. En Angleterre, dans certains établissements,  il est arrivé ces derniers mois, à l’insu des parents, que l’on équipe à la chaîne des classes entières d’adolescentes d’implants contraceptifs.  Cela s’appelle sans doute de la médecine scolaire prophylactique ?  Et pendant ce temps, les dadais que l’on sommait autrefois de « réparer» prennent joyeusement la poudre d’escampette.  Contraception, IVG, et autres instruments d’une fécondité « responsable »…,  une libération ? Oui, mais pour les hommes alors.

Allez, il y a quand même des bonnes nouvelles, un business est en train de voir le jour qui devrait drôlement plaire à Najat Belkacem, car les hommes ne pourront pas profiter sournoisement d’un congé maternité pour  évincer les femmes de leur poste de travail. Pour la bonne raison, tiens, que ce congé sera l’objet même de la boutique : La GPA. Et pour éviter les ennuyeuses crises de larmes et les défauts de livraison en bout de chaîne, on va organiser les ateliers de production de façon tayloriste, avec une parcellisation des tâches : L’une fournit l’ovocyte, l’autre l’utérus, et bien malin ainsi qui pourra dire qui est vraiment la mère.

Les femmes  n’ont décidément pas fini de sangloter le 8 mars.

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La Redoute voudrait-elle couler Cyrillus ?

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Mariage gay La redoute

Après le secteur des voitures,  (Renault: « Les temps changent, Twingo aussi »), celui des chaussures, (Eram l’hiver dernier : « Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré »), c’est désormais  la VPC, avec son leader « La Redoute », qui a décidé de s’engager, -comme si on l’avait sonnée pour demander son avis -, pour la promotion du mariage gay.

Le catalogue en ligne propose ainsi  à la vente un couple de figurines « kitchs » en plastique comme en voit en haut des pièces montées… un couple comportant deux mariées en robe blanche. (Le couple version « deux costards » était lui aussi en vent

e sur le site il y a quelques semaines.  Il a disparu, mais l’article « Couple de mariées femmes-Mariage Gay ! Hymen » (sic) est toujours disponible dans la rubrique « matériel pâtisserie »).

Comme on ne peut pas imaginer que cela relève d’une pressan

te demande commerciale, – peu probable que les couples en question soient déjà sur les starting-blocks pour la pièce montée…-,  il faut donc que cette offre « décalée »,  (comme ils disent pudiquement), soit de la provocation.

Néanmoins, je me gratte la tête : Otez-moi un doute ? Ces petites entreprises que sont Renault, Eram ou encore La Redoute n’ont-elles pas pour premier objet de vendre ? Ne craignent-elles pas de faire fuir les consommateurs que nous sommes à toutes jambes ? Que croient-elles donc ? Que nous ne sommes pour rien dans leur chiffre d’affaire attendu que nous ne nous déplaçons qu’à vélo, ne portons que des chaussettes aux pie

ds et pensons que le seul usage possible d’un  catalogue La Redoute est de caler le pied d’une table bancale ? Ou alors que nous ne sommes pas assez nombreux pour infléchir les ventes ?

I have a dream. Imaginons cinq minutes que les familles « rangées », qui commencent, disons-le,  à être légèrement excédées,  décident  d’un coup d’utiliser  leur botte secrète, Leur arme fatale.  Cyrillus, cela vous dit quelque chose ?  Figurez-vous que  Cyrillus, cette marque de prêt-à-porter très classique,  très « preppy », -si associée à un certain style de vie que l’expression « famille Cyrillus », est devenue un terme générique-, fait partie depuis plusieurs années du groupe PPR (Printemps, Pinaud, La Redoute). Même si PPR est actuellement en pourparlers pour céder de façon indépendante ses deux filiales, Cyrillus et La Redoute ont encore pour le moment destins liés. Or inutile de louer les services d’un institut de sondage pour se douter que le fichier des clients Cyrillus, assez typé sociologiquement n’est pas, dans son ensemble, forcément très favorable au mariage pour tous.

Si ces familles « rangées » que d’aucuns jugent coincées, levaient soudain leurs inhibitions, laissaient parler leur fantaisie par trop bridée, leur grain de folie rentré, leurs instincts méchants muselés par leur éducation judéo-chrétienne selon la formule consacrée, pour aller brûler toutes ensemble leur carte de fidélité Cyrillus dans un grand feu de joie festif ?

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L’insupportable sexisme de la presse féminine.

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  1.    Mariage pour tous couv elle lesbiennes

Najat Belkacem est-elle le ministre si vigilant que l’on nous décrit ? Remplit-elle avec autant de conscience qu’il le faudrait sa mission essentielle et indispensable de rempart contre le  sexisme ordinaire ? Elle que l’on croyait rentrée en croisade pour le féminisme, qui somme pêle-mêle les  catalogues de jouets, les livres pour enfants, les professeurs des écoles et le personnel des crèches de brouiller les cartes, de renverser tous les stéréotypes en tendant les tourne-vis aux filles et les mules roses en chinchilla aux garçons, comment peut-elle  encore tolérer une antiquité aussi sexiste et sexuée que…. la presse féminine ?

Pourquoi, d’abord, faudrait-il une presse spécialisée pour les femmes ? Celles-ci ne pourraient donc pas lire de vrais journaux, avec des textes en petits caractères et des illustrations qui ne prennent pas la moitié de la page ?

Comment accepter encore en 2013 cette ghettoïsation de la gent féminine, un apartheid intellectuel autour des 3M (Mode, Maquillage, Mecs), comme s’ils étaient une sorte de Trinité profane de la femme ? Comment accepter cet enfermement dans  des stratégies de séduction datant de l’homme des cavernes dont le binôme « talons-hauts/mini-jupes », serait l’alpha et l’omega ?  Comment accepter  ces  dernières pages invariablement consacrées aux recettes de cuisine (vous voyez beaucoup de recettes dans le Financial Times ?), et ces couvertures invariablement consacrées à des tendrons plus remarquables, de toutes évidences, par leurs mensurations que par leurs neurones ?

Comment surtout  accepter une pensée aussi univoque dans la presse féminine, comme si les femmes n’étaient capables d’aucun débat, d’aucune réflexion propre et d’aucune controverse argumentée. Car pas la moindre parité gauche-droite, pas l’ombre d’une diversité d’opinions dans cette presse-là. Sans doute la pensée XX est-elle lisse, uniforme, reflet d’un encéphalogramme tragiquement plat ? Sans doute les hommes sont-ils seuls capables de s’affronter sur le terrain des idées, quand les femmes ne sont capables de le faire que sur celui des vernis à ongles ?

Prenez, au hasard, la question du mariage pour tous : La presse féminine est unanimement POUR. De Elle qui, la semaine suivant la manif des « anti », fait sa couverture avec un couple de lesbiennes, à Marie-Claire qui dans le même temps fait un dossier laudatif sur ces « people homos » qui ont adopté, en passant par Cosmopolitan, selon lequel « il serait temps que la France s’ouvre un peu plus aux couples homosexuels ». Pas un seul son discordant, pas l’ombre d’une objection. Apparemment, le 13 janvier, il ne devait y avoir que des hommes dans la rue.

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Le « Girly trash », ou l’avènement du juron rose bonbon.

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« Ce qu’ils peuvent être chi…, là-bas, quelquefois ! » me dit il y a quelques semaines, en secouant une tête compatissante,  la directrice de la garderie de mon quartier, – petite cinquantaine, tailleur anthracite, escarpins vernis -, alors que je venais de lui confier mes difficultés à récupérer tel papier auprès de la Caisse d’Allocations Familiales.

« P…. ! », s’exclama avant Noël la jeune caissière de la grande surface dans laquelle je venais de faire mes derniers achats, en tentant en vain de faire avancer le tapis roulant.

« T’es c… », chuchota affectueusement avant-hier en souriant une aide-soignante dans la chambre d’hôpital d’une amie, à l’adresse d’un infirmier  qui, en passant,  lui avait glissé une petite plaisanterie à l’oreille.

Si dans le cadre professionnel, jurons et grossièretés en tous genres (plutôt réservés jusque là au plombier à plat dos dans la cuisine, la tête derrière un siphon impossible à dévisser),  deviennent monnaie courante dans la bouche des femmes, c’est que ces mots ont envahi depuis longtemps leur champ lexical dans le privé. Dernier avatar de la libération de la femme qui ne voudrait pour rien au monde avoir l’air coincé et revendique le droit de jurer elle aussi comme un charretier et de raconter des vannes à faire rougir un rapeur.

Cause ou conséquence, le « parler trash »  est devenu la norme dans la presse féminine et dans les films dits « girly ».

Le  New York Times en a fait l’objet de l’un de ses premiers articles de l’année 2013, évoquant la banalisation et la multiplication  des mots crus sur les couvertures des magazines féminins aux Etats-Unis. Mais la France, bien sûr, n’est pas en reste, Cosmopolitan et Glamour, en particulier,  pratiquant couramment le titre racoleur dit « décomplexé » (« plan c…, mode d’emploi », Un été sexy et explosif », « les secrets hot des filles nymphos »), à côté desquels ceux de Elle ou de Marie-Claire (au lectorat plus âgé), paraissent  presque collets montés.

Le magazine français Première spécialisé dans le cinéma, s’est inquiété lui aussi de ce phénomène au mois d’octobre dans un papier intitulé : « Sales et méchantes : comment la comédie girly est devenue trash », détaillant à partir du succès de la série « Sex and the city » le virage progressif des productions « romantiques » pour filles, (paillettes et rose bonbon), vers la vulgarité absolue, dont le film récent « Bachelorette » serait un emblème absolu.  « Picole, exhibitionnisme, humour cradingue… depuis 10 ans les filles se lâchent au cinéma et rivalisent de vulgarité avec les mecs. Et si Bachelorette avait atteint le point de non retour ? », s’interroge ainsi avec emportement le journaliste Jérôme Dittmar, dénonçant une farce cynique et faussement méchante, d’une vulgarité aussi inouïe que la stupidité de ses personnages. Il conclut : « Quand la femme vient à en affirmer son droit à la vulgarité ou aux blagues potaches pour défendre sa liberté sexuelle, pas sûr que l’époque ni le cinéma s’en portent mieux ».

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Et l’hétérophobie alors?

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Le 7 février dernier,  le Sénat a confirmé le vote de l’Assemblée  rallongeant le délai de prescription des injures homophobes et transphobes : De trois mois, il passe à un an.

Soit. Mais quid de l’hétérophobie ?

Samedi matin, dans une rue très commerçante de Versailles, trois mères de famille proposent aux passants de signer la pétition à l’attention du CESE concernant la loi sur « Le mariage pour tous ».

Sur le trottoir d’en face, deux femmes sortent soudain violemment d’un restaurant et somment l’une des mères de famille un peu à l’écart de déguerpir : « Vous dégagez, ici il n’y a que des gays !». Pas de réponse.Les femmes, très agitées, continuent à crier et prennent à partie passants et  commerçants : « Elle n’a rien à faire là ! Je lui dis qu’ici tout le monde est gay ! » La mère de famille fait alors calmement remarquer qu’il y a des homosexuels opposés au mariage pour tous… « Je m’en fous ! Elle dégage ou je la fais dégager ! ».  La mère de famille, dont tous les signataires potentiels, effrayés, ont fui,  finit elle aussi par s’en aller. L’histoire s’arrête là. Pas de quoi fouetter un chat, direz-vous, les risques du métier lorsque l’on descend dans la rue défendre une pétition controversée ?  Peut être.

Enfin sauf bien sûr si l’on change un détail. Et que l’on transpose en inversant les rôles, en remplaçant le mot « gay » par celui   »d’hétéro »…Une permutation de mots qui ferait d’un incident un scandale.

Les anglais appellent cela « double standard ».  Deux poids deux mesures.

 

 

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American girl et fière de l’être contre Corolle fille de la diversité

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Un pays qui ne s’aime pas, cela se révèle jusque dans des domaines inattendus.

Dans le secteur des jouets,  prenons deux marques de poupées créées il y a plus de trente ans, au positionnement haut de gamme similaire. Depuis quelques années, toutes deux appartiennent au groupe Mattel mais revendiquent une indépendance et une spécificité intactes en matière de politique commerciale. L’une d’elle, – Corolle -, est connue pour être le fleuron de l’industrie française dans ce domaine. L’autre est emblématique, comme son nom l’indique, de la poupée américaine : American girl.

Qu’ont encore de commun ces deux marques ? De viser une clientèle aisée, -eu égard au prix-, et d’avoir décidé, (depuis seulement 2011 pour Corolle), d’investir le segment  des fillettes de plus de 8 ans, en imaginant une gamme qui leur est spécialement destinée.

Mais les angles d’approche ne sont pas franchement les mêmes : La marque dont on trouve l’enseigne sur la cinquième avenue à New-York et dans les quartiers les plus chics de Chicago ou Washington propose aux fillettes deux types de produits. Il y a tout d’abord des « poupées qui leur ressemblent » : Elles peuvent choisir la couleur des yeux, des cheveux, rajouter des boucles ou des tâches de rousseur, assortir la garde-robe à la leur. Il y a surtout une gamme d’une dizaine de poupées en costume d’époque  rattachées à l’Histoire des Etats-Unis, de la loyaliste Félicity  à Kirsten, à la pionnière du Minnesotta en passant par Nellie, droit arrivée d’Irlande. Chacune d’entre elles est vendue dans un coffret comprenant le petit roman historique sa vie.

Le parti pris de Corolle est, vous le pensez bien, radicalement différent. Nous sommes en France, chers amis,  alors des poupées qui vous ressemblent, des poupées qui racontent l’histoire de France … Z’êtes pas un peu fous  ! Chez nous, toutes les occasions sont bonnes pour inculquer  l’amour de la différence et de la diversité. Alors Corolle a créé les « Kinra girls ». Kezako? Voici ce que l’on explique sur le site officiel de la marque :

Kumiko, Idalina, Naïma, Rajani et Alexa sont 5 copines des 4 coins du monde. Elles transportent les petites filles dès 8 ans dans un nouvel univers de jeu multiculturel. En découvrant leur vie quotidienne, les petites filles s’approprient la richesse culturelle de chaque personnage : manger des sushis, mettre un turban, jouer de la guitare, pratiquer la danse indienne et parcourir le bush australien à cheval…

Les Kinra Girls aident cette nouvelle génération de petites filles à grandir et à se forger une nouvelle vision du monde qui n’est plus limitée à leur petit univers mais qui s’ouvre sur tout ce qui les entoure.

Grâce aux Kinra Girls, leur petit monde va devenir grand ! ».

Une espagnole, une indienne, une afro-américaine, une australienne, une japonaise…Vous pouvez toujours chercher une poupée française, il n’y en a pas. Et pourquoi donc ? Le clampin qui fait la permanence au service commercial de Corolle ouvre de grands yeux, fait une réponse embarrassée : « C’est une bonne question » (sic). C’est que celui-ci ne connaît sans doute pas les dessous de l’affaire. Ignore que pour ces poupées, (dont la physionomie,  un peu « manga »,  rompt avec les traits doux et les airs sages de la Corolle traditionnelle), Corolle est en partenariat avec l’auteur d’une  série de livres intitulés précisément « Kinra girls », une certaine Moka, de son vrai nom Elvire Murail, connue pour son engagement littéraire contre le racisme et pour l’altersexualité. (Elle est d’ailleurs la sœur de Marie-Aude Murail, – déjà évoquée sur ce blog-, auteur de Oh boy, roman  pour adolescents étudié dans les collèges militant pour l’adoption par les homosexuels). Alors forcément, pour le côté petite fille modèle façon Comtesse de Ségur, on repassera.

Moi je vous le dis, parfois, vous regretteriez (presque) de ne pas être américaine.

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